Équipement

Gants moto

Quand on tombe, la main part en avant avant même qu’on ait compris ce qui se passe. Les gants sont donc l’équipement qui touche le sol le plus souvent, et pourtant l’un des plus mal choisis : trop grands, trop fins, ou achetés pour leur couleur.

  • Mis à jour le 21 octobre 2026
  • 6 min de lecture
  • Par la rédaction

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Sur une aire d’autoroute, un motard accroupi resserre la sangle des gants de sa fille passagère, casquée et équipée, devant une grosse routière
Gants motoPhoto d’illustration
Fiche repèresGants moto
Norme de référence
EN 13594, niveau 1 ou 2
Phalanges certifiées
mention KP sur l’étiquette
Gants d’été
40 à 120 €
Gants d’hiver étanches
70 à 200 €
Gants racing
120 à 350 €
Paires conseillées
2 au minimum (été et hiver)
L’essentiel
  • Des gants homologués sont obligatoires pour le conducteur comme pour le passager d’un deux-roues motorisé.
  • L’étiquette EN 13594 indique un niveau 1 ou 2 ; la mention KP signale des protections de phalanges testées aux chocs.
  • La coque de phalanges et le glisseur de paume protègent les deux zones qui touchent le sol en premier : les jointures des doigts et le talon de la main, qui couvre le scaphoïde.
  • Bien ajusté, le gant laisse 3 à 5 mm au bout des doigts et ne tourne pas autour de la main.
  • Une paire ventilée pour l’été et une paire chaude et étanche pour l’hiver couvrent presque toute l’année.

On peut rouler avec un vieux blouson, un jean ordinaire ou des chaussures de ville, et c’est déjà un mauvais calcul. Mais rouler avec de mauvais gants, c’est miser sur la partie du corps la plus exposée. Au moment de la chute, le réflexe est universel : on tend les bras. Résultat, la paume et les phalanges encaissent le premier contact avec le bitume, souvent avant les épaules et les genoux.

Un bon gant moto se juge sur cinq points : l’étiquette, la matière, les protections, la manchette et l’ajustement. Le prix et le style viennent ensuite. On les reprend dans l’ordre, avec ce qui change selon la saison.

La sélection

Ce qu’on vous conseille

Des profils de produits, pas des marques imposées : chaque bouton ouvre une recherche Amazon ciblée. Les prix sont des fourchettes constatées, à vérifier sur la fiche.

01

Les gants cuir mi-saison avec coque de phalanges

Budget indicatif60 à 150 €Pour quiRoute et trajets quotidiens d’avril à octobre

C’est la paire à tout faire : cuir de vachette ou de chèvre, coque rigide sur les phalanges, renfort et glisseur sur la paume, manchette courte ou mi-longue. Cherchez une étiquette EN 13594 avec la mention KP, et un serrage au poignet qui tient vraiment.

  • Bon compromis protection et toucher
  • Se fait à la main avec le temps
  • Durable si le cuir est entretenu
  • Ni étanche ni très chaud
  • Cuir qui déteint parfois sur les mains en sueur
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02

Les gants d’été courts et ventilés

Budget indicatif40 à 110 €Pour quiVille, scooter, fortes chaleurs

Cuir perforé ou textile en filet sur le dos de la main, paume en cuir doublée, coque de phalanges discrète : ils évitent la main moite au feu rouge sans tomber dans le gant de cycliste. Certains sont certifiés niveau 1 KP, ce qui reste notre minimum.

  • Très légers
  • Bon toucher des commandes
  • Séchage rapide
  • Protection du poignet limitée
  • Inutiles sous l’orage
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03

Les gants d’hiver étanches à manchette longue

Budget indicatif70 à 180 €Pour quiTrajets boulot de novembre à mars

Une membrane imper-respirante, une isolation répartie sans écraser les doigts et une longue manchette à double serrage : c’est ce qui permet d’arriver au bureau les mains encore utilisables par 3 °C. Vérifiez qu’il reste assez de sensation pour doser l’embrayage.

  • Mains au sec
  • Manchette qui coupe les courants d’air
  • Raclette essuie-visière fréquente
  • Toucher plus flou
  • Long à sécher une fois trempé à l’intérieur
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04

Les gants racing niveau 2

Budget indicatif120 à 350 €Pour quiSportive, roulage sur circuit, routes sinueuses

Manchette longue qui recouvre la manche, cuir épais ou kangourou, coques de phalanges et de poignet, glisseur de paume pour le scaphoïde, petit doigt relié à l’annulaire pour éviter la torsion. C’est le niveau de protection le plus élevé de la norme.

  • Protection maximale
  • Excellent maintien
  • Doigts préformés pour la position de conduite
  • Chauds et peu ventilés
  • Rodage de quelques sorties
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01Les gants moto obligatoires : ce qu’il faut retenir

Des gants homologués sont obligatoires pour le conducteur et pour le passager de tout deux-roues motorisé, de la 50 au gros trail, pour le trajet de 500 mètres jusqu’à la boulangerie comme pour le road trip. Des gants de ski ou de bricolage ne comptent pas.

Pour la liste complète des équipements imposés et les sanctions prévues, renseignez-vous sur le site officiel de la Sécurité routière, ou lisez notre page sur l’équipement obligatoire à moto. Côté enfants, les petites tailles existent et méritent autant d’attention : on en parle dans notre dossier sur l’enfant passager à moto.

02La norme EN 13594 : lire l’étiquette en dix secondes

Un gant homologué porte, cousue dans la manchette, une étiquette avec le marquage CE, un pictogramme de motard et la référence de la norme EN 13594. Le chiffre qui suit est le plus important.

MarquageCe qu’il signifieUsage typique
EN 13594 niveau 1Protection de base certifiée (abrasion, coupure, déchirure, maintien sur la main)Ville, scooter, été, balade tranquille
EN 13594 niveau 2Exigences plus sévères sur l’abrasion, la déchirure et la coupureRoute rapide, sportive, circuit
1KP ou 2KPProtection des phalanges testée aux chocs, en plus du niveauTout usage, à privilégier

La norme vérifie aussi que le gant ne s’arrache pas de la main pendant la glissade, ce qui explique l’importance du serrage au poignet. Le détail des essais et des autres normes de l’équipement est rassemblé sur notre page les normes de l’équipement moto.

Attention. « Look racing », « renforts » ou « spécial deux-roues » sur l’emballage ne prouvent rien. Sans étiquette EN 13594, considérez le gant comme non homologué, quel que soit son prix.

03Cuir ou textile

Le cuir reste la référence pour la glissade. La vachette est la plus répandue, épaisse et résistante ; la chèvre, plus fine, se retrouve souvent en paume pour le toucher ; le kangourou résiste très bien pour une faible épaisseur, mais coûte nettement plus cher. Le cuir se fait à la main au fil des sorties.

Le textile (polyamide haute ténacité, tissus techniques) domine en hiver et sous la pluie, parce qu’il accueille facilement une membrane imper-respirante et un isolant. Seul, il résiste moins à l’abrasion, d’où les renforts en cuir ou en matière synthétique sur la paume et les côtés. Les gants moto textile à paume renforcée sont souvent les plus confortables pour rouler tous les jours.

Dans les faits, beaucoup d’excellents gants mélangent les deux : dos en textile ou en cuir perforé, paume en cuir doublée.

04Les protections qui comptent vraiment

Quatre éléments font la différence entre un gant qui protège et un gant qui habille.

  • La coque de phalanges. Rigide (composite, plastique injecté) ou souple (mousse à mémoire, silicone), elle encaisse le choc direct. La mention KP indique qu’elle a été testée.
  • Le renfort de paume et le glisseur. Une double épaisseur de cuir sur la paume, et sur le talon de la main une pièce plastique qui glisse au lieu d’accrocher le bitume. Elle limite la torsion du poignet et protège le scaphoïde, ce petit os à la base du pouce qui se fracture facilement et se répare mal.
  • Les doigts. Coutures doublées, renforts sur le côté du petit doigt, et parfois un pont qui relie l’auriculaire à l’annulaire pour éviter qu’il se retourne. Des doigts préformés, déjà courbés, fatiguent moins la main.
  • Le maintien. Une sangle ou un serrage au poignet, en plus de celui de la manchette. Un gant qui part pendant la glissade ne protège plus rien.

05Manchette courte ou longue

La manchette courte s’arrête au poignet et se glisse sous la manche du blouson : légère, vite enfilée, parfaite en ville, en été et à scooter, mais le poignet n’est couvert que par le blouson.

La manchette longue remonte de 8 à 12 cm sur l’avant-bras et se ferme par-dessus la manche. Elle protège mieux le poignet, coupe les courants d’air en hiver et s’impose sur les gants racing. Sous la pluie, en revanche, on la rentre sous la manche pour que l’eau ruisselle à l’extérieur au lieu de couler dans le gant.

06Un gant par saison

Entre une départementale des Cévennes à 34 °C en juillet et 40 km de trajet par 2 °C en janvier, aucun gant ne fait les deux.

SaisonType de gantCe qu’on cherche
ÉtéCourt, ventilé, cuir perforé ou filetMain au sec malgré la chaleur, toucher précis
Printemps et automneCuir mi-saison, éventuellement avec sous-gantsPolyvalence, coque KP
HiverTextile ou cuir avec membrane et isolant, manchette longueChaleur, étanchéité, maintien
Grand froidGants chauffants ou poignées chauffantesDoigts encore mobiles après une heure

Chaque catégorie a sa page : les gants moto d’été, les gants moto d’hiver et les gants chauffants. Si vous roulez déjà avec des poignées chauffantes, un bon gant mi-saison suffit souvent jusqu’à 5 °C environ, puisque la paume reçoit la chaleur.

07Le toucher des commandes et la bonne taille

Un gant trop épais ou trop grand ajoute du jeu entre vos doigts et les leviers : vous dosez moins finement l’embrayage et la main se crispe au bout de 30 minutes. À l’essai, saisissez un manche à balai : le gant ne doit ni plisser dans la paume ni comprimer le bout des doigts.

Pour la taille, mesurez le tour de main au niveau des jointures, pouce exclu, puis comparez au tableau du fabricant. Les grilles varient d’une marque à l’autre, d’où l’intérêt de notre guide des tailles de l’équipement moto. Entre deux tailles, prenez la plus petite en cuir, qui se détend un peu, et la plus grande en hiver si vous comptez porter des sous-gants.

Le conseil du motard. Vérifiez aussi que vous pouvez actionner le commodo de clignotant et le bouton de klaxon sans chercher. Un gant d’hiver très épais transforme parfois le simple appel de phares en acrobatie.

08Budget, entretien et remplacement

Une bonne paire de mi-saison homologuée avec coque KP se trouve entre 60 et 150 €. En dessous de 40 €, les protections deviennent symboliques ; au-delà de 200 €, on paie surtout le kangourou, le racing ou le chauffage intégré. Pour comparer, commencez par les gants moto homologués niveau 2 si vous roulez vite ou souvent, les niveaux 1 KP suffisant pour la ville.

Côté entretien : un séchage lent à température ambiante, jamais sur un radiateur qui durcit et fendille le cuir, et un baume nourrissant pour cuir deux ou trois fois par an. Les gants textile se lavent à la main à l’eau tiède, sans adoucissant.

Changez de paire après une glissade, même si elle semble intacte de loin : notre page après une chute à moto liste ce qu’il faut contrôler sur tout l’équipement. Et si vous achetez d’occasion, examinez paume et coutures de près, comme expliqué dans acheter de l’équipement moto d’occasion.

FAQQuestions fréquentes

Les gants moto sont-ils obligatoires ?

Oui. Des gants homologués sont obligatoires pour le conducteur et pour le passager d’un deux-roues motorisé, que ce soit une moto, un scooter ou un cyclomoteur. Des gants de ski ou de jardinage ne comptent pas : il faut une paire certifiée pour la moto. Le détail des équipements imposés et des sanctions figure sur le site officiel de la Sécurité routière et sur notre page consacrée à l’équipement obligatoire.

Comment savoir si des gants moto sont homologués ?

Regardez l’étiquette cousue à l’intérieur de la manchette ou la notice : elle doit porter le marquage CE, un pictogramme de motard, la référence EN 13594 et un niveau, 1 ou 2. Si vous lisez KP à côté du chiffre, les protections de phalanges ont passé le test de choc. Une simple mention « spécial moto » sur l’emballage ne suffit pas.

Que signifie KP sur des gants moto ?

KP signifie protection des phalanges, de l’anglais knuckle protection. Cette mention, collée au niveau de la norme EN 13594 (1KP ou 2KP), indique que la coque ou la mousse placée sur les articulations a été testée aux chocs. Des gants sans KP peuvent avoir une coque, mais elle n’a pas été certifiée.

Quand faut-il changer ses gants moto ?

Après une chute avec glissade, dès que le cuir est râpé, qu’une couture s’est ouverte ou qu’une coque est fêlée. En dehors des chutes, changez-les quand la paume devient fine et lisse, quand le serrage du poignet ne tient plus ou quand la membrane laisse passer l’eau. Pour un usage quotidien, une paire tient souvent deux à quatre saisons.

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